A mes lecteurs francophones… To my french speaking followers..

Ce sera ma seule et unique publication  en français dans ce blog. Une publication un peu longue je sais.  Mais elle résume un bien grand rêve . Je souhaite vous en parler un jour ou l’autre soit au festival du cinéma de Rouyn-Noranda au Québec soit à celui de La Rochelle en France, peut être même ailleurs dans la francophonie.  J’aimerais vous y présenter  notre tout nouveau documentaire « Breskell »

Notre premier film, « Disko », a obtenu déjà un bon succès aux USA puis à l’extérieur, en Italie ou en Allemagne.

Disko, notre premier documentaire… 

Nous ne l’avons jamais présenté auprès d’un public francophone.

J’espère corriger cela avec  « Breskell », notre tout nouveau documentaire.

Breskell, la bande annonce 

Quelques mots sur ce documentaire, son animateur et son cinéaste. 

1-  Le capitaine 

Je m’appelle Olivier Dupond-Huin.  Je suis Américain mais natif de Bretagne.

Le capitaine-constructeur et animateur

En apprendre plus sur moi ( en anglais seulement ):

Pour me contacter?

Breskell@yahoo.com

2- Le producteur du documentaire.

un jeune et prometteur cinéaste londonien , Dominic Joyce, connaît déjà l’Arctique. 

Dominic Joyce, cinéaste et producteur du documentaire “Breskell”

Nous y avons navigué ensembles deux étés.

Son site (en anglais seulement):

Cliquer pour consulter

 

Vous trouverez notre travail antérieur sur cette page:  vidéos avec Breskell…

 

3-«  Breskell »: synopsis du documentaire:

Réalisé par Dominic Joyce, ce documentaire de 45 minutes raconte l’histoire de « Breskell »,  mon voilier construit en 1985 en époxy/ bois moulé.  Je tente de franchir entre l’Atlantique et le Pacifique, le mythique passage du Nord-Ouest avec ce bateau en bois de près de 16 mètres construit entièrement de mes mains.   Du Groenland au Nunavik au travers de la baie de Baffin, la débâcle des glaces et la fonte rapide de l’Arctique rendront, en 2018, cette expédition impossible.

Parfois au ras des glaces sur le pont de mon voilier jaune « fait maison », parfois du haut des airs avec l’aide des drones du cinéaste  Dominic Joyce, nous y présentons ici un témoignage exclusif et « percutant », au deux sens du terme, d’une catastrophe annoncée.  Celle qui se produit juste au nord de notre continent:

LA FONTE ÉVIDENTE ET IRRÉVERSIBLE DE NOTRE BANQUISE.

 

4- « Breskell » , mise en contexte du documentaire:

Je suis charpentier de marine, éducateur et marin dans l’âme.  Mes ancêtres bretons vinrent jadis sur les bords du St Laurent.  Ils y chasseront la baleine et pêcheront la morue.  Ils rencontreront les habitants de ce territoire habité depuis des millénaires.

Mes ancêtres dans des temps plus tumultueux

J’imagine la surprise des autochtones découvrant sur les berges de leur fleuve ces clandestins aux dents déchaussées, ces immigrants sentant fort le poisson et encagés dans leurs ridicules accoutrements. Mais quelles superbes cathédrales de voiles mes ancêtres pilotaient déjà!  Comme tous ces anciens navigateurs, j’aime jeter un coup d’œil curieux par delà l’horizon de notre commune prison. Mais je n’ai rien d’un aventurier expiant dans des souffrances extrêmes je ne sais quel péché originel.   J’aime voyager à l’image de ces premiers voyageurs qui, suite à la « découverte » de Jacques Cartier, parcourront l’ immense terrain de jeu des autochtones.

Ils ont couru l’Amérique..

En s’aventurant sur les chemins qui déjà s’ouvraient vers l’ouest, mes ancêtres initièrent la grande épopée des fourrures.  Le castor des premiers truchements précédait la ruée des chercheurs d’or d’hier,  le pétrole des investisseurs d’aujourd’hui,  les « terres rares » de demain. La recherche du profit associée au désir de voir par delà l’horizon amèneront ces premiers francophones à « courir l’Amérique » du fleuve St Laurent au Mississipi, de Terre Neuve à la côte ouest américaine.

iDu St Laurent au Mississipi

Démesurées, les expéditions de ces « remarquables oubliés » se poursuivaient parfois des années durant. Certains comparent leurs exploits d’hier à l’ascension des plus hauts sommets de notre planète .  Des défis « himalayens » prétendent -ils.  Certes.  Mais souvent soumis à des échéanciers rigides, nos aventuriers modernes confient habituellement  leur chargement aux dos de leurs sherpas. En guise de Sherpa, mes ancêtres employaient leur canot.  Et en terre d’Amérique,  ces randonneurs portaient sur leur dos et leur matériel et leur Sherpa! 

Certaines se réclament aujourd’hui encore de cette parenté.  En s’embarquant  avec quelques provisions sur des canots d’écorce, elles s’offrent, elles aussi, une promenade de santé sur les sentiers du Nord Ouest.  En peu de mots et en toute simplicité ,  juste 100 jours de Montréal à Winnipeg…

De peu de mots et en toute simplicité… direction Nord Ouest!

Essayez donc cela, vous les nouveaux « himalayens ».

De cette extraordinaire lignée de gens bien ordinaires, je tente modestement de m’inspirer dans mon propre Passage du Nord Ouest.  Poêle à bois en plus, soupe aux pois en moins et avec une confortable bannette en prime.  C’est en pensant à leurs couvertures mouillées que j’apprécie le confort de mon beau canot, les pieds dans mes pantoufles et réchauffé par mon foyer. Là-haut dans l’Arctique, il ne fait pas toujours très chaud.  Mais au moins, les mouches noires ne me dévorent pas.

Il y a bien longtemps déjà que mon père m’avait offert ce plus beau des cadeaux.

Il m’avait dessiné les plans d’un bateau magnifique.  Un superbe voilier. Un navire hauturier capable de tracer sa route sur tous les océans du globe, du Cap Horn à celui de Bonne Espérance.

Son nom?  « Breskell ».  Le cheval au galop en breton. 

Devant ces plans, j’ai décidé de vivre mes rêves plutôt que de rêver ma vie.  Avez-vous songé à vous bâtir une maison à deux étages dans laquelle tous les murs sont courbes, aucun des planchers n’est horizontal et qui flotte gracieusement sur l’eau?  Avez vous déjà imaginé vous fabriquer une chaumière coquette capable de faire sans bruit le tour de la planète en prenant appui sur le vent?  Un voilier, c’est tout cela.  Réussi, c’est aussi une œuvre d’art unique!  De la proue à la poupe,  j’ai construit ce rêve de mes mains.  Depuis, ce bateau fait parti intégrante de notre famille. 

Le cheval qui galope

Jamais mon père, membre de la très sélective société Jacques Cartier et architecte visionnaire, ni d’ailleurs aucun marin sain d’esprit, n’auraient imaginé à cette époque le destin étonnant du « Breskell ». Que ce beau bateau en bois moulé , bâti dans une arrière-cours du vignoble breton, puisse un jour franchir le mythique passage du Nord-Ouest?  Impensable, même pour son constructeur!  

Mon rêve: joindre Breskell avec sa famille.

Les changements climatiques changeront la donne.

Nouvelle opportunité pour les marins de la planète-terre?  Peut-être bien.  Mais une bien mauvaise nouvelle pour notre planète-océan.

La fonte des glaces ?  Le plus évident des drapeau rouge agité devant les yeux des humains (Johan Rockström TED, juillet 2010)

Le réchauffement de l’Arctique, je l’ai vécu, en direct et au ras des glaces comme mes amis Innus, avec mon équipe en 2017 puis en 2018.  

Comme des morses sur la banquise

Les photos de mes passagers hilares, en costume de bain  et au bord d’un glacier, publiées dans le magazine français « Voile Magazine » du mois de Mars 2019 en témoignent.  Bien triste constat. 

Une perte brutale, bientôt un point de non retour

Cette partie de l’histoire de «  Breskell », que je vous présente dans ce documentaire, c’est aussi l’histoire d’un échec.

D’un échec inquiétant.  En 2018, le passage du Nord-Ouest ne s’est jamais ouvert, ni aux petits voiliers ni aux grands bateaux de croisière. Les jovialistes en déduiront que l’Arctique, finalement, ne se réchauffe pas aussi rapidement que les fabricants de « Fakes News » veulent bien nous le laisser croire.

Je veux rappeler à tous ces abrutis que j’ai vécu la-haut, au milieu des glaces, avec mon « Breskell », les deux derniers étés.

La banquise fond.  Elle fond même si vite que cet l’embâcle, inattendu et brutal de 2018, nous a bloqué la route. Aucun de la vingtaine de bateaux qui tentaient cette année ce nouvel « Himalaya du marin » n’a réussi à passer.

Avec « Breskell », nous avons progressé autant que ce fut, humainement et matériellement, possible de le faire.  Le voilier “Anahita” prit trop de risques. Il fît naufrage. La garde-côte canadienne hélitreuillera l’équipage dérivant sur un morceau de banquise.

Aluminium or epoxy… au mauvais endroit, au mauvais moment…

Évidemment , dans ces latitudes extrêmes, les impondérables existent.  Voyager, c’est apprendre à s’y confronter en y prenant du plaisir, beaucoup de plaisir.  De belles rencontres avec les ours polaires évidemment , avec des baleines, des dauphins et des narvals.  Et des amitiés fugaces mais inoubliables avec nos frères Innus. Ce territoire magnifique aux paysages à couper le souffle leur appartient.  Nos activités débridées au Sud abîment leur Nord. Irrémédiablement.  

Nous saccageons les terres ancestrales de Joseph, notre ami Innu..

Et, demain déjà , mes enfants ou vos petits-enfants ne verront même plus ce que, émerveillé, je découvre encore 

La baie de Baffin… image extraite du documentaire “Breskell”

Des rencontres percutantes…

Certaines de nos rencontres furent plus « percutantes » que d’autres. J’avais appris à mon bateau à « marcher sur la glace ». Une technique personnelle et originale élaborée au Groenland durant mon initiation à l’Arctique.  Je vous l’expliquerai peut-être un jour!  Mais cette fois, les vagues étaient trop hautes, le vent soufflait trop fort, la visibilité était trop mauvaise… Difficile de freiner un voilier lancé au galop. Nous éclaterons la coque sur un foutu morceau de banquise à la dérive. Un sérieux double punch.  Un authentique « K.O » arctique !  Pour cette fois, banquise un,  « Breskell » zéro.  PATAGONIA, notre sponsor principal, nous avait équipé en vêtements polaires. Ils nous sauveront la vie. La suite? Vous la découvrirez , filmée en direct et sans artifice par Dominic Joyce, dans notre documentaire. J’avais un plan B.  Tous les bons capitaines en ont. Avec le plancher de ma cabine, de vieux vêtements et quelques acrobaties , nous avons sauvé notre bateau.  J’ai aussi sauvé la vie de mon équipage.  Nous réparerons plus tard à Arctic Bay, au Nunavik.  Nous avons récupéré le matériel nécessaire en visitant, avec nos amis Innus, ce qui leur sert de succursales bien achalandées de Canadian-Tire, leur Bon Marché local:  le dépotoir municipal.  

Recycler pour sauver la planète ? Certes.  Pour sauver « Breskell » aussi!

Je vais me reprendre en 2019.

Cette fois, nous passerons. J’irai alors rejoindre ma famille au delà de la mer des Tchouktches par delà le détroit de Béring et la Sibérie, après l’Alaska, juste un peu plus au sud.  En face de l’île de Vancouver…  Au bout de ma destination Nord Ouest.

Une bien bonne nouvelle pour nous.  Ma femme et mes enfants pourront de nouveau pratiquer une navigation moins extrême.

J’aurais aussi réussi à sauver mon joli bateau familial.

Une bien mauvaise nouvelle pour vous.

Parviendrez-vous à sauver notre beau vaisseau commun? 

Vu l’état de la banquise là-haut, le recyclage seul ne sera pas suffisant. 

Ensemble, vous et moi:

« LET’S MAKE THE PLANET GREAT AGAIN » comme disait votre jeune président.  

 

The planet great again ?

Cela en nous associant tous ensembles à cette tâche  plutôt qu’en nous repliant frileusement sur nous-même. 

Souhaitez-vous m’aider par une petite donation?  

Contribuez à ma “gofundme “ 2019 campagne.

Je bâtis ce projet comme mon bateau.  Euros après euros et une couche d’epoxy après l’autre!  La plus petite contribution est la bienvenue.  Par avance merci.

En attendant, surveillez l’affiche au début et à la fin de ce post.  

Conçue par un photographe professionnel, un ancien dirigeant de la fédération française de voile et un passionné de mer, François Gravier possède un long et riche curriculum dans le domaine de la voile et de sa pédagogie.

Pour accéder à ses photos de superbes voiliers des plus anciens ou plus modernes

Si vous voyez son affiche dans votre coin de pays, VENEZ DONC ME RENCONTRER.  Nous parlerons bateaux, banquises et fonte de l’Arctique…  Et du Passage du Nord Ouest naturellement.  

AU PLAISIR DE SE VOIR.

Conçue et réalisée par François Gravier, photographe professionnel (fgravier.com)

Fait à Port Townsend le 1 juin 2019.

Olivier Dupond-Huin. 

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